AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  Connexion  
Messagerie
Ouvrir le menu

 A Nightmare before Christmas
Primordial Goddess
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 34
Messages RP : 9

Emploi/activité : Consultante indépendante
Localisation : Nomade


# A Nightmare before Christmas   
Jeu 1 Mar - 16:55



A Nightmare before Christmas
1


Monsieur est une armoire à glace avec une chemise par-dessus un sous-pull, lequel est plus adapté à la saison qu’un débardeur qui aurait néanmoins le mérite d’être moins voyant, ainsi qu’un pantalon de jogging. Madame est dans une robe descendant à mi-cuisse, laissant paraitre des collants noirs. Je suis trentenaire aujourd’hui, soit la même tranche d’âge que les deux personnes qui me font face. Sous ma veste de tailleur et ma jupe de toile, toutes deux noires, j’ai un collant similaire à ceux suscités ainsi qu’un tricot d’un rouge rosé pour éviter une tenue trop funeste et être appropriée à l’affaire du couple. Réussir à faire venir les deux tourtereaux jusqu’à la salle boisée et obscure d’un vieux pub de Bridgeport, dont ils ne sont manifestement pas originaires, n’a pas été des plus faciles.

« Vous êtes ceux qui avez besoin de mon aide, leur rappelle-je une seconde fois, alors parlez, merci. »

Adel a le chic pour dénicher des gens à problèmes, des gens qu’il peut aider ou qu’il peut m’envoyer pour que je les aide comme je l’ai aidé lui-même par le passé. Le prix est le même, pour lui comme pour les autres. En argent, d’une part, et en quelque chose d’infiniment plus précieux, d’autre part. Quelque chose qui ne coûte presque rien, cependant ; un peu de croyance. De la croyance dans une part bien spécifique du fonctionnement de la réalité que je ne prendrais pas la peine de nommer tant elle semble évidente : je suis là.

C’est la femme qui prend la parole la première et c’est à elle que j’accorde mon attention. Elle est la victime dans l’histoire, cela ne m’étonne pas. Depuis que les humains se sont débarrassés des cultes des divinités mères, du féminin sacré, il est plus de femmes victimes d’hommes que d’hommes victimes de femmes. Désobligeante situation dont j’ai moi-même fait les frais, plusieurs fois et plus longtemps qu’aucune autre je l’espère, mais qui ne m’apporte pas de réelle compassion pour ma cliente.

« Il m’a trompée, avoue-t-elle avec un regard mauvais à son mari, à la grande indignation de celui-ci.

- Ah, l’infidélité… un problème aussi vieux que la fidélité elle-même. Un problème simple, cela dit. »

Ils me fixent tous les deux, insultés, et c’est au tour de monsieur de s’en venir jouer son bonhomme. Primate.

« Pour qui vous vous prenez ?

- Quelqu’un qui peut vous aider, réponds-je placidement, consciente que la vraie réponse n’apporterait rien à la conversation.

- On n’est pas intéressés.

- Si c’était le cas, vous ne seriez pas ici.

- Elle a raison. »

Solidarité féminine ? C’est une notion qui laisse moins sujet à l’interprétation que le féminisme mais c’est tout aussi hors de propos : il s’agit juste d’exprimer un avis possiblement lié à une plus grande lucidité sur la situation. Car, madame étant flouée, elle a surement plus réfléchie la situation que monsieur. Ils veulent tous deux résoudre leur problème, simplement qu’il est plus aisé d’en parler pour la victime que pour le coupable lorsque celui-ci n’est pas fier de son écart. Je parlerais d’écart, oui, car l’infidélité n’est pas un crime et qu’elle est moins sujette à la subjectivité et à la construction sociale qu’un crime peut l’être. Sans loi, pas de crime. Sans loi, toujours la possibilité de l’infidélité. Après, la loi est utile alors que la fidélité…

« Alors, la solution est très simple. Alexandre, vous avez trompée votre femme. Hélène, vous allez tromper votre mari. Un partout la balle au centre. »

L’absence de solidarité féminine est confirmée par la réaction de madame, toute aussi outrée que monsieur. Mais monsieur réagit comme son apparence le laisse supposer, par l’agressivité.

« Mais allez vous faire foutre !

- Dépendant des volontés de madame, réponds-je le plus simplement du monde, insensible aux prétentions de puissance de l’armoire à glace. En revanche, mon regard s’en va aux prétentions de charme de sa compagne lorsque je reprends : Si vous êtes curieuse, ma conscience professionnelle m’invite de vous aider au mieux…

- Vous êtes complètement tarée.

- Et vous avez brisé la confiance de votre femme en la faisant cocue. Cependant, elle n’est pas partie donc elle est prête à vous pardonner mais elle a besoin d’une aide extérieure car elle n’arrive pas à vous faire confiance, de crainte que vous ne la trahissiez de nouveau. »

Je m’arrête un instant, regardant madame pour savoir si elle est en accord. Sa réflexion n’est pas terminée que monsieur se lève de sa chaise, pour me surplomber de sa stature alors qu’il se livre au sentiment de colère pour consumer sa tristesse et sa culpabilité. La Colère n’est pas un péché que j’apprécie, elle est destructrice là où mon Envie pousse à construire, encore et toujours. M’adossant sur le dossier de mon siège, je regarde de biais cette fausse menace chercher à m’intimider ; comme si c’était aisé à faire, après tout j’ai subit la colère de Yahvé et de Dieu et Il n’est pas du genre tempéré lorsqu’Il succombe à un péché, celui-là.

« Barrez-vous…

- Sinon quoi, vous allez me frappez ? Regardez autour de vous, Alexandre… L’ambiance est agréable et les boissons bonnes, ce sont des habitués et vous allez gâcher leur quotidien ? Alors que vous n’êtes pas de chez eux ? Et pour frapper une femme ? Je ne doute pas que vous arriveriez à en assommer deux ou trois, considérant vos aptitudes, mais après ? »

Voici qui a le mérite de l’interrompre dans sa passion pour l’amener à un peu de raison, merci l’appréhension.

« Vous réagissez, vous voyez sur le court terme. Une belle femme vous séduit et vous vous la faites. Votre femme l’apprend et vous vous faites pardonner. Même si je suppose que le votre a du subir quelques dégâts par le passé, vous avez un cortex préfrontal qui vous permet d’imaginer le résultat de vos actions avant de les accomplir alors servez-vous-en. »

Invitant de la main monsieur à se réinstaller pour discuter en personne civilisée, je recommence à faire face aux deux parties du couple pour expliciter mon propos.

« En inversant vos rôles, je vous permets d’adopter le point de vue de l’autre et de réellement comprendre ce qu’il ressent : soit le malaise sera trop grand et vous serez assurés que votre partenaire restera fidèle, de peur de vous blesser comme vous l’avez blessé, soit vous vous satisferez de cette liberté et formerez un couple libre. »

Ou alors monsieur n’aura pas la même abnégation que madame et leur couple se brisera mais l’une des choses admirables avec les émotions est qu’elles n’impactent qu’à court terme, en plus d’être prévisibles quand on connait les gens.  Et je connais les gens, tout autant que leurs interactions entre eux. J’ai vu des civilisations grandir et mourir, les pactes qui unissaient les êtres en leur sein n’ont jamais vraiment changé cependant.

« Je vais vous laisser en discuter entre vous. Faites-moi signe lorsque vous serez décidés sur quelque chose, merci. »

Après les avoir salué l’une puis l’autre de la tête, je me lève de ma place pour me diriger vers le comptoir. Je ne suis pas plus une habituée qu’eux mais je pense que la tenancière m’a repérée avec la même aisance que je l’ai moi-même repérée à mon entrée ici. Cela étant, je connaissais sa nature avant même de m’aventurer en son territoire, je ne fais rien au hasard. Je pense que ma commande, déclarée une fois que je me suis assise en face de ma véritable interlocutrice du soir, saura en témoigner.

« Une bière pour madame et un whisky pour monsieur, il serait dommage qu’ils repartent sans avoir goûtées les spécialités locales. Pour moi, ce sera deux verres du breuvage que prend la reine lorsqu’elle doit discuter affaire, s’il vous plait. »

Les yeux sont les fenêtres de l’âme et, si je doute qu’aucun dieu en ait une, les miens sont aussi perçants qu’antiques. Et c’est toi qu’ils fixent, Eira.


Fiche de Personnage - Fiche de Liens - Nombre de Posts : 9
Fairy
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 94
Messages RP : 2

Emploi/activité : Reine des Fées Unseelie / Barmaid
Localisation : Au Dancing Kobold


# Re: A Nightmare before Christmas   
Dim 4 Mar - 10:15

A nightmare before Christmas

 Thomasine Hobbes ⊹ Eira Crowley  
Le bar était bruyant, comme il l'était toujours, à cause des irlandais qui y buvaient et qui faisaient toujours du bruit en discutant, ou en braillant. L'ambiance était toujours aussi conviviale au Dancing Kobold, les habitués rendaient toujours l'endroit agréable, il y avait peu de rixes et de bagarres au sein du pub. Enfin peu...Peu, pour les habitués et la propriétaire, ça voulait dire pas plus d'une ou deux bagarres par jour. Aujourd'hui, il n'y en avait pas encore eu, ce qui voulait dire que c'était clairement très calme. Mais tout n'était pas encore perdu, une bonne petite baston pouvait encore éclater avant la fermeture, qui serait de toute manière tardive, comme toujours.

D'ailleurs, un groupe d'habitués jouaient aux fléchettes dans un coin du bar et ça, c'était le meilleur moyen de déclencher des bagarres. Les fléchettes, ça mettait les gens de mauvaise humeur, les trucs compétitifs avec de l'alcool, ça dégénérait tout le temps. La petite fée adorait voir les gens se battre autour d'elle, ça faisait partie de ce qu'elle était : une petite vilaine qui provoquait les gens, les perdait dans les bois ou les égarait sur le chemin de l'animosité et de la haine...Ah que cette époque-là avait été glorieuse. Mais elle était révolue, comme beaucoup d'autres choses en ce monde, et il fallait vivre avec son temps, faire avec les changements que subissait le monde.

Sully, assis à un bout du bar, leva la main, tenant son verre vide, pour en réclamer un autre aussi vite. Il n'avait pas l'air dans son assiette ce jour-là, chose pas si étonnante que cela quand tout autour de lui était joyeux et agréable. Sully aimait faire la tête, il aimait qu'on le remarque en train de bouder pour venir lui demander ce qui n'allait pas. La petite fée en avait l'habitude. Elle arriva avec un sourire près de lui et prit le verre pour y faire couler le breuvage ambré qu'il aimait. Le lui ramenant, elle le regarda de sa petite frimousse souriante. " Qu'est-ce t'as donc toi hein à sourire bêtement ? " se contenta-t-il de dire, un peu hargneusement en se rinçant le gosier à la bière. La rouquine secoua la tête, l'air de dire "oh mais rien du tout" avant de retourner voir d'autres clients. L'entendant râler en fond, son sourire s'agrandit d'autant.

Une bande de jeunes gens, pas du coin du tout, vint s'amarrer au comptoir pour réclamer à boire. Ils n'étaient pas à jeun ceux-là, c'était un fait. Mais elle ne refusait jamais de servir qui que ce soit, aussi ronds puissent-ils être, ce n'était pas du tout son problème. Elle servit donc shots et pintes à cette bande de gaillards un peu brailleurs avant de les encaisser immédiatement. Avec certains, comme Sully ou Sweeney, elle voulait bien être sympa et attendre la fin de la soirée, ou rajouter ça sur leur ardoise déjà terriblement longue. Mais avec une bande de jeunes libidineux de la sorte, non hors de question de faire crédit. Elle prit leurs billets et les ajouta à ceux déjà présents dans le tiroir-caisse, une vieille machine mécanique pas du tout moderne pour un sou.

Mais voilà que Sully réclamait à nouveau à boire. Ah celui-là, jamais le dernier pour lever le coude ! Elle revint à lui, cette fois changeant de breuvage, pour lui servir un whisky à la couleur chatoyante dans la lumière chaude du pub. " Aller, dis moi pourquoi qu'tu fais cette tête, ma toute belle. " D'aucun aurait pu penser qu'il était simplement un alcoolique lourd qui embêtait la patronne. Mais c'était loin d'être le cas. Et elle aimait bien qu'il l'appelle "ma toute belle", c'était un des seuls à avoir le droit de le faire d'ailleurs. " Il y a du monde, les gens ont l'air content, ça me fait sourire. Tu devrais essayer un jour, ça pourrait te plaire, " se moqua-t-elle en riant légèrement, ce qui provoqua un grognement de la part du Boggart. Les hommes étaient vraiment tous les mêmes, toujours à vouloir de l'attention...

Heureusement que Sweeney n'était pas là aujourd'hui, lui et Sully se seraient racontés leurs malheurs pendant des heures avant de probablement se battre à propos d'elle. Même si la fée aimait la bagarre, en particulier quand elle était à son sujet, elle n'avait pas envie de devoir réparer ces deux garnements ce soir. Ce soir, elle était plutôt d'humeur à trouver un grand baraqué pour passer la nuit avec. Avec un peu de chance, Labraid pointerait peut-être son nez ici et si il n'y avait pas grand monde, elle pourrait fermer tôt et...Le petit air rêveur sur le visage de la fée fit encore grogner Sully, il savait parfaitement à quoi elle pensait, il la connaissait sur le bout des doigts. Et il n'appréciait pas du tout sa manière peu sérieuse de partager sa couche avec n'importe quel bel irlandais en vadrouille. Ou pas irlandais d'ailleurs, du moment qu'il était beau, grand et fort, ça suffisait à la fée...

Mais voilà que du travail s'annonçait encore quand une grande blonde s'approcha du comptoir, à la recherche de la patronne qui ne dépassait pas beaucoup de son bar. On se demandait parfois comment elle faisait pour servir les gens. Ou comment elle faisait pour voir sa salle. Enfin...Il n'y avait bien que les humains pour se poser cette question. Les autres savaient, eux. La grande blonde s'était assise, commandant quand Eira vint à elle. La fée ne put s'empêcher de laisser passer une moue désapprobatrice. On ne lui parlait pas ainsi, elle en avait horreur. Et même si cela plaçait clairement la blonde dans la catégorie de personne "autres", elle venait quand même d'une table avec deux humains. Sans rien dire, la fée posa sur le comptoir bière et whisky. Elle ne faisait presque jamais le service en salle, c'était un pub ici, pas un bar-lounge. D'ailleurs, elle indiqua d'un geste le panneau derrière le bar qui annonçait fièrement "service au bar uniquement".

Ce ne fut donc pas avant que la blonde soit revenue qu'Eira ouvrit la bouche pour parler, enfin, à celle qui croyait savoir beaucoup de choses. " Y a pas de Reine ici, " cracha-t-elle sans douceur. Non aujourd'hui, elle n'avait pas envie d'être une Reine, elle n'avait pas envie qu'on vienne l'emmerder avec des histoires de dieux et d'esprits, aujourd'hui, elle était juste Eira, barmaid du Dancing Kobold et dont personne n'arriverait à rien tirer, sauf de l'alcool. " Donc si vous v'lez à boire, va falloir m'dire quoi, au lieu d'jouer aux d'vinettes com'une gamine. " Eira se moquait bien de qui cette femme croyait être, elle se fichait même bien de sa nature. Elle n'avait pas envie aujourd'hui. Surtout pas avec quelqu'un qu'elle ne connaissait pas et qui ne se donnait même pas la peine de se présenter avant de commencer à déblatérer ses âneries. Même avec Grimnir, elle n'aurait pas eu de patience aujourd'hui, alors une blonde inconnue...
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 000 WORDS.




my lovely irish men
Primordial Goddess
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 34
Messages RP : 9

Emploi/activité : Consultante indépendante
Localisation : Nomade


# Re: A Nightmare before Christmas   
Lun 5 Mar - 21:01



A Nightmare before Christmas
1


Eira, je prends note de ta dépréciation avec ce même silence qui accompagne ton service. Que celui-ci se ponctue sur la moitié de ma commande m’interpelle plus que le geste que tu fais pour m’interpeller, me signalant les modalités de service ; modalités que j’ai respectées, puisque me voici venue au comptoir passer commande pour mes deux affaires du soir. La première ayant été mise en action, je reste là à attendre de voir les conséquences de la seconde, commencée comme l’autre par une désapprobation qui ne m’inquiète pas réellement. Tu sembles attendre quelque chose également, même si je ne saurais dire quoi. Peut-être est-ce une intervention de ton pilier de bar, cet être hirsute qui hante ta demeure sans y faire aucun mal mais se comporte de façon désagréable voire nuisible ; il n’a pas vraiment mon attention ce soir, même je suis capable de reconnaitre son aura surnaturelle à l’instar de la tienne et suppose la réciproque vraie, sous réserve de son taux d’alcoolémie. Peut-être est-ce que le groupe de jeunes adultes qui m’a précédé ici même dérape, après tout ils sont dans un lieu et un état adéquats à cela. Je me demande s’il y a déjà eu des morts, que cela soit d’ébriété ou de bagarre, en ce lieu ; de tels sacrifices devraient t’être appréciables, non ? Peut-être est-ce que je paie la consommation des deux humains sous ma tutelle, voire que j’en termine avec leur cas avant de m’occuper du tien. Ils ont besoin de temps pour réfléchir mais il est vrai qu’apporter l’alcool en conseillé, non en récompense, les aidera peut-être. Après avoir sorti un portefeuille de cuir simple de la poche intérieure de ma veste, je dépose donc un billet sur le comptoir en te remerciant puis m’en vais apporter mes présents à mes protégés, quand bien même le mot est inadéquat.

« En preuve de ma bonne volonté, » leur dis-je simplement, les servant d’une manière plus visible que précédemment.

De retour au comptoir, je m’y installe avec plus d’aise et y reçoit ton cracha métaphorique avec amusement. Ta phrase en dit beaucoup plus que tu ne le voudrais et j’aimerai que tu notes une différence de prononciation entre nous : je te parle de "reine" et tu me réponds "Reine". Que peux-tu déduire de ce point de détail ? Je te parle d’un titre, certes, mais en tant que nom commun. Tu me réponds d’un titre, toujours, mais comme un nom propre. Je te parle d’un fait. Tu me réponds avec une partie de ton identité. Une partie que tu rejettes. Voici qui m’amuse, non de façon hautaine et méprisante mais bien de façon bienveillante et presque maternelle. Ce que je sais n’importe pas, pas encore, mais ce que je découvre croit à chaque instant. Si je veux à boire, il va falloir te dire quoi au lieu de jouer aux devinettes comme une gamine, voici qui me renforce encore dans mon sentiment : il n’a pas été question d’une devinette, il a été question de te laisser le choix de notre boisson. De te faire une première marque de confiance, de te réclamer une audience. Mais puisque nous nous égarons, je vais me permettre de jouer un peu en effet.

« Les énigmes et les devinettes sont l’une des plus belles manières d’éveiller un enfant, commence-je avec douceur. Sous couvert du jeu, elles en appellent à la curiosité pour s’impliquer et font travailler ingéniosité et réflexion afin de trouver la solution. A l’opposée des enseignements magistraux, elles cultivent l’intérêt et l’esprit, encourageant à penser par soi-même et à essayer. Je plains la personne qui, de crainte de se tromper, fuirait ces défis de l’intellect. »

Evidemment, je m’exprime vis-à-vis des descriptions et des expositions d’une chose en termes qui la déguisent et la rendent difficile à deviner ; non des questions appuyant leur effet sur un calembour dans la question ou la réponse. Certaines écritures saintes pensent l’énigme comme une chose mystique et cachée, pour ma part je me limiterais à une forme d’apprentissage ludique et pédagogique dont on a perdu l’usage aujourd’hui. Tout comme ta condition de "Reine", n’est-ce pas Eira ?

Ce que je dis risque de t’énerver et j’en suis consciente, quand bien même je ne le dis pas en manifestant cette volonté. Cela étant, outre te laisser contempler cette habitude propre aux divinités majeures que de jouer avec la réalité même et de digresser afin de s’occuper, je m’assure une certaine direction à notre conversation. Rien n’est fait au hasard, mes mots sont choisis car mon improvisation ne saurait être hasardeuse. Pas plus que mes gestes.

« Néanmoins, je m’en voudrais de vous êtres désagréable et m’excuse de mon impair précédent, poursuis-je en me passant une main dans la nuque, un signe de gêne. Dites-moi comment dois-je vous appeler et je le ferais. Merci. »

Mon sourire a la gratitude polie qui encourage à la réponse, même si j’ignore laquelle elle sera. Je connais l’attrait des fées pour l’animosité et la haine, je le croyais juste plus dirigé entre les humains avec lesquels vous jouez qu’en votre propre personne à l’encontre des autres. Animosité et haine nuisent à l’amusement, je trouve. Après, je me doute que tu n’es pas ici pour t’amuser : tu travailles. Cependant, l’amusement au travail me semble l’un des points les plus importants afin d’apprécier celui-ci ; un point que j’applique de mon côté, comme tu l’as surement remarqué. Il n’est rien de malveillant à cela, évidemment, et je te laisse seule juge de comment tu perçois la chose.

« S’il me faut accomplir quoi que ce soit pour me faire pardonner, n’hésitez-pas. »

Peut-être ma seule présence t’est désagréable, Eira, mais je m’abstiens d’énoncer cette possibilité. Je te fais confiance pour le signifier sans douceur si tel est le cas, tout autant que je te fais confiance pour accepter mes excuses voir ma bonne volonté ; sans douceur non plus, évidemment. Ton domaine, tes règles ; et je ne me limite pas à celles inscrites sur un écriteaux mais bien à celles que tu définis et définiras par ton comportement. Il n’y a pas de reine ici ? Soit. Il y a une patronne, une tenancière, le nom donné à la figure d’autorité ne m’importe pas.


Fiche de Personnage - Fiche de Liens - Nombre de Posts : 9
Fairy
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 94
Messages RP : 2

Emploi/activité : Reine des Fées Unseelie / Barmaid
Localisation : Au Dancing Kobold


# Re: A Nightmare before Christmas   
Mer 7 Mar - 17:28

A nightmare before Christmas

 Thomasine Hobbes ⊹ Eira Crowley  
La fée était braquée. Complètement, indéniablement, irrémédiablement. Ce n'était pas quelque chose de compliqué à faire cela dit, il n'en fallait pas beaucoup pour mettre la rouquine de mauvaise humeur. Tout le monde le faisait, que ce soit fut volontaire ou non, tout le monde finissait toujours par faire quelque chose qui la mettait de travers. Mais dans ces circonstances, il ne fallait rien attendre d'elle, elle mettrait de la mauvaise volonté à tout et ne ferait aucun effort, quel qu'il soit. Ses proches le savaient bien, ils avaient l'habitude désormais, ils savaient qu'un mot de trop pouvait la rendre grognon et qu'ils auraient la gueule pendant des heures. Des heures, voire des jours entiers en réalité, jusqu'à ce que la petite fée ait pardonné ou qu'autre chose soit venue prendre la place de la contrariété dans son esprit volage. Suileabhan s'était détourné de la scène, conscient qu'il risquait d'y avoir des dommages collatéraux à cette "discussion" qui commençait entre les deux femmes. Il ne voulait pas s'en prendre une par ricochet et se contenta de boire son verre, écoutant d'une oreille distraite mais semblant s'intéresser grandement à partie de fléchettes, qui avait l'air des plus palpitantes !

La Reine aurait aimé qu'il s'intéresse à elle, justement, qu'il demande quelque chose, un verre ou n'importe quoi d'autre. Elle aurait eu une vraie excuse pour repousser la blonde après ce qu'elle avait dit, même si il y avait encore une petite chance que les choses s'arrangent. Eira pouvait encore se montrer raisonnable, même si on l'avait mal prise et qu'on lui avait donné un titre qu'elle se refuse à porter la plupart du temps. Pourquoi donc l'appeler Reine alors qu'elle n'est ici qu'une barmaid, une propriétaire d'établissement tout ce qu'il y avait de moins fréquentable ? Elle n'était pas Reine, pas à cette époque de l'année du moins, elle ne l'était qu'au Samhain, et encore. Si quelqu'un devait l'appeler Reine, ce ne serait que lors de cette mémorable fête...Même si en général, il n'y avait qu'une seule personne qui l'appelait ainsi et elle ne la supportait pas, cette personne...

Mais si il restait une chance que la conversation se passe bien, elle venait de s'envoler. A mesure que la blonde discourait sur les énigmes et devinettes, le visage d'Eira se transformait. Ses grands yeux s'assombrissaient et ses mâchoires se crispaient, elle n'appréciait pas du tout qu'on lui parle comme si elle était une enfant. Pour qui donc se prenait cette blondasse au juste...? Peu importe qu'elle soit une Reine, une déesse ou n'importe quoi d'autre, elle n'avait pas à se montrer aussi condescendante avec la fée. Son regard se durcissait à chaque seconde qui passait, à chaque syllabe de plus de cette intruse. Les excuses n'y arrangeraient du tout, elle n'avait pas nullement envie de pardonner et d'oublier, la fée, elle n'était pas ainsi. La fée s'était tu, pendant tout le joli discours de la blonde, sa colère grandissant en elle comme un brasier.

Les doigts de la fée se crispèrent autour d'un verre qu'elle avait entrepris de remplir de bière. Mais elle s'était arrêté dans son geste, à mi-chemin de la tireuse, une main déjà sur la poignée. Pas de pression dans le verre non, au lieu de ça, elle posa lentement ses mains sur le bar, reposant le verre en tâchant de ne pas le casser. Si il y avait eu moins de monde dans le bar, si il n'y avait pas eu autant de non-habitués...Elle aurait surement explosé. Sully devait l'avoir senti, senti la tension qui animait sa Reine, vu qu'il s'était retourné, prêt à en découdre avec quiconque s'en prendrait à elle ou la mettrait de mauvaise humeur.

" Si il te faut accomplir quoi que ce soit pour te faire pardonner...? Foutre le camp d'ici au trot avec ce couple qui n'a rien à faire là, lui non plus. Voilà ce que tu peux faire, " dit la petite fée d'un air courroucé. Il y avait de la colère dans le son de sa voix et une envie d'en découdre dans son regard. Si les bagarres de bar n'étaient pas rares, il était beaucoup plus exceptionnel que la patronne y participe. Mais ce soir, elle pourrait participer, elle en avait vraiment envie. " Et surtout, ne reviens pas. Tu ne seras jamais bien reçu ici, blondasse. "
code by lizzou — img/gifs by TUMBLR — 000 WORDS.




my lovely irish men
Primordial Goddess
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
Messages : 34
Messages RP : 9

Emploi/activité : Consultante indépendante
Localisation : Nomade


# Re: A Nightmare before Christmas   
Ven 9 Mar - 12:38



A Nightmare before Christmas
1


Je n’ai nul commentaire à faire sur ta recherche du regard de la troisième déité présente en ces lieux, pas plus qu’à son esquive visuelle ou à ton mécontentement, Eira. Je savais que je risquais d’en provoquer et en avoir confirmation n’est que l’une des deux possibilités qui pouvaient suivre mes paroles. Paroles qui, lorsqu’elles abordent les devinettes, visaient à jouer comme à partager un sentiment sincère et obtiennent un autre sentiment, sincère toujours mais plus malveillant. Il n’est pas dans mon impression de te parler comme à une enfant mais je comprends que mes dires paraissent comme tels : je suis ancienne, pour ne pas dire antique voire préhistorique, et l’un de mes attributs primordiaux est d’être une mère. Je ne concurrencerais pas la maternité de Brigitte, loin de moi l’intention de me fâcher avec l’une de mes homologues déesses primordiales, mais chasser le naturel et il revient au galop, comme on dit. Même si c’est inapproprié et agaçant, je te comprends bien.

J’ai déjà exprimé mon sentiment face à la Colère donc la voir abaisser et rapprocher tes sourcils ainsi qu’ouvrir entre eux et ta paupière supérieure toujours plus tendue, la voir te tendre de façon fermante les lèvres, la voir te blanchir les phalanges… cela ne m’enjoue pas. Cela ne m’attriste pas non plus, pas plus que cela ne m’indiffère. Je perçois la tension s’accumuler, c’est palpable, et je tente d’apercevoir l’ampleur de l’importance de la "Reine" pour toi. Il est clair, à présent, que je suis une de tes antagonistes. Soit. Saches cependant que j’apprécie les antagonistes car, à la différence du mentor, ils peuvent amener le protagoniste au-delà de ses limites. Le mentor pousse le protagoniste à se réaliser, l’antagoniste pousse le protagoniste à renaitre meilleur ; sans cela, le protagoniste échoue. Peut-être as-tu déjà ton mentor, en la personne du pilier de bar voire en celle de ce cher Allfather, et je ne veux voler la place de personne. Je veux juste apporter quelque chose et le faire de façon plaisante ou non m’indiffère. Non, tu n’es pas comme l’un de ces humains que j’aide pour en obtenir de la croyance. Cependant, cela ne t’empêche pas d’être tout aussi humaine, psychologiquement parlant.

Je pense savoir ce qu’il me faut faire pour me faire pardonner ; ce n’est pas foutre le camp d’ici, non. Ta discrimination me surprend puisque "ce couple qui n’a rien à faire là" est autant ton client que le mien. Je suis d’accord que, sans moi, il n’aurait jamais osé franchir les préjugés qui le séparent de ta communauté ; il l’a cependant fait. Et tu l’as fait aussi : tu as passé un pacte tacite avec lui lorsque tu as accepté de le servir, par mon intermédiaire, et il a donc le droit de rester ici tant qu’il ne pose pas de problème. Je ne suis pas certaine qu’il puisse en poser, des problèmes, considérant le fait que les bagarres n’en sont pas réellement. A moins que l’on entre dans une forme de racisme mais ce n’est pas ce qui m’intéresse.

« Ce n’est pas cela que tu veux réellement, n’est-ce pas ? » demande-je en croisant les mains sur le comptoir, en miroir des tiennes.

Je suis ton reflet, Eira, ton opposée. Grande ou tu es petite, blonde ou tu es rousse, calme ou tu es agressive. D’après le folklore, tes Unseelie sont les fées les plus malintentionnées envers les humains, non-pas mauvaises mais préférant blesser plutôt qu’aider, capables d’attaquer des personnes sans raison, généralement hideuses et solitaires. Tu es sociable, avec ton pilier de bar et les nombreux amants dont notre "ami commun" fait parti. Tu es belle, avec ta crinière de feu, tes lèvres pulpeuses et tes petits yeux bruns vifs. Tu as une raison d’attaquer, je ne cesse de faire croitre cette Colère envers moi qui, j’en suis sure, canalise bien d’autres frustrations. Des frustrations enfermées, enterrées. Des frustrations qui grattent à l’intérieur de ton esprit, ne réclamant qu’à sortir. Je n’aime pas la Colère car elle est destructrice ; elle est cependant déjà là, déjà en toi. Je le vois sur ton corps, je l’entends dans ta voix, je le sens dans ton odeur, je le goute presque, même si je ne me sens pas menacée. Le plus important est que je le touche, cependant. Que tu le touches. Les yeux dans les yeux, je poursuis donc :

« Je n’avais jamais perçu les accrochages de bar comme des affrontements rituels. Cependant… si ceci est ton temple… si ceux-ci sont tes croyants… pourquoi pas ? Que j’ai raison ou tord, je dédis ce combat à la Reine des Fées Unseelie. »

Après avoir décroisées mes mains, la première tient ma veste tandis que la seconde va chercher mon téléphone dans ma poche intérieure. De celle-ci, je parcours ensuite l’écran tactile à la recherche d’une musique appropriée tandis que je tourne l'autre vers ton fidèle pilier de bar divin puis tends un index vers lui en guise d’avertissement, lui parlant d’une voix impérative.

« Laisse-la régler ses affaires seule, la colère qui l’empoisonne doit s’écouler et ça s’rai dommage qu’ça soit sur ta gueule. »

Voici qui est dit, s’il faut faire passer une fée de moindre envergure à travers la pièce cela peut se faire aussi. Encore une fois, je suis là pour toi Eira, pas pour ton ami. Le contrat tacite passé entre les clients de ton bar implique que les bagarres qui s’y déroulent ne soient pas transgressives, contrairement à la différence communautaire si j’ai tout compris, et j’use des forces sociales engendrées par l’association des individus, ici tes clients et toi, pour arriver à mes fins. Dommage qu’en cette soirée, elles soient contradictoires ; qu’importe cependant, tu ne serais pas surprise d’être plus importante qu’un couple de trentenaire dont j’ai déjà énoncée la solution à leur problème. Etant ici pour le résoudre, il a déjà ce qu’il était venus chercher et devrait fuir discrètement afin de ne pas rencontrer de nouvelles difficultés.

« Allez rouquine, venez mal me recevoir vous-même, déclare-je en me retournant vers toi pour tendre mon autre main en un geste d’invitation. Montrez-moi qui est la patronne. »

Libère ta Colère, Eira. Libère-toi de ta Colère.


Fiche de Personnage - Fiche de Liens - Nombre de Posts : 9
Contenu sponsorisé


# Re: A Nightmare before Christmas   

 
A Nightmare before Christmas
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» SallyRagdoll ☠ The Nightmare before Christmas.
» EVENT DE PÂQUES - Easter in the Twilight Zone.
» III. 02 Nightmare before Christmas...
» Easter Bunny ║ The Nightmare Before Christmas ║ Emilie Autumn ║ LIBRE
» Merry Christmas!!

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
We're all living in America :: Somewhere in America :: South Side :: Bridgeport :: The Dancing Kobold-
Sauter vers: